
André Maurois, auteur à succès de son vivant, n'est plus guère
lu aujourd'hui. Ecrivain polyvalent, il est surtout un philosophe
au sens du XVIIe siècle : quelqu'un qui propose une sagesse et
tient la religion à l'écart. Il s'est constamment présenté comme
un observateur attentif de ce que font, disent, pensent et
ressentent les hommes, quelqu'un qui nous fait part aussi
de son expérience et livre des conseils. Mais le moraliste qui
analyse la psychologie et les comportements, qui indique
les conséquences de nos actes et les voies à suivre, réfute la
littérature à thèse et ne tient pas du moralisateur ennuyeux
ou obtus. Dans ses fictions en prose, ses biographies,
ses travaux d'historien, ses traités de moeurs, le «maître à
vivre» est parvenu, tout en révélant ses propres points de vue
(croyance en la volonté, attachement aux traditions) à éviter le
dogmatisme et le didactisme.