
En se plongeant dans un célèbre
dessin de Fragonard, Sophie Chauveau nous livre
une réflexion intime sur les multiples figures du lit ;
le lit comme objet social, comme scène existentielle,
comme image poétique... De la contemplation
de ce lit vide, elle fera naître puis mourir
le peintre ; surgiront alors ses propres lits de
mémoire. Dans Les Mille et une Nuits, il est dit que le
nom de tous les amants d'une femme est écrit sur sa
vulve. Elle a trouvé, elle, dans ses draps le nom de
ses amours. Ils y reposent toujours, elle les étreint
encore parfois.
«C'est un lit de rêve, un lit pour rêver, le lit que
l'on rêve d'étrenner une fois dans sa vie. (...) Il a
pour vertu de ranimer le souvenir de nombre de
mes lits passés, d'enfance, d'amour ou de détresse,
de maladie et de mort...»