
Lorsqu'il fait jouer en 1642 Cinna au Théâtre
du Marais, Corneille, qui a mis la magnanimité
au coeur de sa tragédie, offre au public une pièce
exemplaire où le coup de théâtre final est aussi
un coup de maître. La clémence d'Auguste force
l'admiration mais elle est lentement conquise.
Et, devant cette tragédie politique, le spectateur
n'oublie pas la virtuosité avec laquelle l'auteur
l'incite à réfléchir aux passions et à l'exercice
d'un pouvoir qui surmonte finalement sa fragilité.