
Quel destin plus extraordinaire que celui de jean-Antoine Leclerc ?
En 1775, à vingt-trois ans, ce jeune soldat français fuit son pays, gagne la Norvège, puis trouve refuge en Amérique. Commence alors une vie riche d'aventures hors du commun.
Adopté par les Indiens Creeks, Leclerc devient l'un des leurs. Il apprend leurs coutumes, leurs stratégies, et leur transmet en retour ce qu'il sait de l'art militaire européen avant de finalement devenir leur chef de guerre suprême, le Tastanégy. Il prend ainsi la tête de tous les Indiens Creeks, qu'il mène sur le sentier de la guerre.
De retour en France après la Révolution, il met à profit cette expérience unique au service de la République, proposant notamment de constituer une armée de Creeks pour assurer la protection de la Louisiane française. Très rapidement promu général de brigade, il tâche d'intéresser Napoléon à ses projets et rédige à dessein en 1802 un mémoire intitulé Coup d'oeil sur mes voyages parmi les peuplades sauvages de l'Amérique septentrionale. En vain. La vente de la Louisiane en 1803 enterre ses derniers espoirs.
Mis à la retraite en 1810, il fait le coup de feu contre les uhlans, lors de la campagne de France de 1814, et met en oeuvre les techniques indiennes qu'il avait apprises, puis dirige enfin une compagnie de corps francs en 1815. Il meurt en 1821, après une vie des plus intense et des plus aventureuse.
La découverte de son mémoire par l'historien Christian Buchet révèle un témoignage rare, offrant un regard inédit sur l'histoire et le monde amérindiens.