Le progrès sans le peuple : ce que les nouvelles technologies font au travail
Livre

Le progrès sans le peuple : ce que les nouvelles technologies font au travail

de David Noble

Avant toute chose, les nouvelles technologies ont

servi aux patrons à licencier leurs employés, à

réduire leurs coûts de main-d'oeuvre, à délocaliser.

De l'usine à l'exploitation agricole, de la raffinerie

aux bureaux, aucune profession n'a échappé à

l'offensive. Pourtant, toujours pas de révolte,

d'exigence de protection, de résistance.

Quel contraste avec la première révolution

industrielle, qui a terrassé un nombre incalculable

de personnes mais suscita une résistance farouche

et finit par déboucher sur le mouvement ouvrier

et son corollaire, la législation sociale progressiste.

Aujourd'hui, ces acquis ne cessent de s'éroder

à mesure que les syndicats s'affaiblissent et que

les programmes sociaux destinés à nous protéger

des violences du marché sont démantelés.

Pourquoi une telle passivité ? Pourquoi une telle

déférence pour le marché, une telle révérence

pour la technologie ?

Ce qui nous paralyse, ce sont notamment les

concepts dont nous avons hérité, comme celui

d'un progrès technologique nécessaire et bénéfique

; et l'idée que la compétitivité, fondée sur

ces technologies, serait la voie la plus sûre vers

la prospérité et le bien-être.