
Marcel Proust et Gustav Mahler : créateurs parallèles
Marcel Proust et Gustav Mahler ne se sont jamais rencontrés.
Derrière l'anecdote, et au-delà des confrontations et parallélismes qui ont souvent été opérés entre leurs oeuvres, ils s'inscrivent pourtant tous deux dans une période où temps et moi, deux notions intimement liées, sont sans cesse questionnées et réévaluées.
À condition de les décrypter en tenant compte de leurs structures, des idées et savoirs qu'elles recèlent, les oeuvres de ces deux artistes, placées en regard, laissent deviner des singularités communes. Mais celles-ci ne peuvent s'aborder et se traiter de la même manière, tant parce que les médiums différent que parce que les finalités de ces oeuvres, aussi déterminées soient-elles par des débats « d'époque » et par l'histoire, n'en restent pas moins individuelles, porteuses de distances comme de contradictions, entre l'artiste, le processus créateur, l'oeuvre achevée, et nous.