Tahiti Nui ou Les dérives de l'autonomie
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Tahiti Nui ou Les dérives de l'autonomie

de Sémir al Wardi

Cette étude tente d'expliquer la complexité de la vie politique

en Polynésie française de 1996 à 2006. Après la fin des essais

nucléaires à Moruroa, eu égard à sa grande proximité avec le

président de la République, le chef de l'exécutif polynésien n'a plus

été freiné dans sa tentation autoritaire qui, à partir de 1996,

a finalement abouti à «verrouiller» la société. Pour diverses

raisons, ce pouvoir chute en 2004 et c'est alors l'alternance avec

une coalition autonomiste-indépendantiste qui donnera une

gouvernance peu efficace. La Polynésie connaît quatre années

d'instabilité notamment dues au nomadisme politique. Par

ailleurs, on peut avancer que le concept d'«autonomie» étant

assez étranger à la culture politique républicaine, il n'est compris

ni par l'État, ni par le pouvoir local : on note une collusion, même

inconsciente, entre les deux pouvoirs pour maintenir la Polynésie

en dehors des valeurs et des principes de la République. De plus,

dans certains domaines essentiels comme ceux du droit, des libertés,

de la démocratie, de l'économie, du social, de l'environnement, la

pratique de l'autonomie a souvent représenté une régression.