
De la musique avant toute chose
Le résumé
De la musique avant toute chose. Critique musical, le narrateur vient de passer une semaine exceptionnelle sur une île des Hébrides extérieures : l'organisatrice du tout nouveau festival de Castlebay l'a invité à cet événement qu'elle a mis tout son cœur à organiser, comme un dernier hommage à son amant mélomane, mort noyé dans les eaux écossaises.
James Fletcher a du mal à se concentrer en ce début de soirée de clôture : il n'a d'yeux que pour Viviane Craig, surnommée la Garbo du piano, assise à son côté. Elle est la véritable raison de sa venue sur l'île. Leur relation à tous deux est ancienne, faite de moments volés à leurs vies londoniennes. Les journées qui s'achèvent ont offert à leur passion secrète une parenthèse enchantée. Le trouble de James est amplifié par la présence dans sa poche d'une lettre de son cardiologue, qu'il s'apprête à décacheter.
Allegro moderato, andante un poco mosso : il n'est pas temps encore, et James laisse les notes de Schubert l'envahir comme par vagues. L'émotion qu'elles lui procurent est palpable, ses mots pour les dire d'une telle puissance qu'ils prolongent chacun des mouvements pendant lesquels se déploie son intense monologue intérieur.
La musique et la vie s'y entrelacent : la sensualité que les trois interprètes insufflent aux trios de Schubert vient amplifier le vertige de James, les petits secrets de chacun s'invitent dans la danse, mais c'est à « la musique avant toute chose » que Jean Mattern, subtil interprète du trouble amoureux, rend ici un vibrant hommage.