
Journaux-Mémoires, tome 2 : Le temps de la Ligue : 1583-1590
Le résumé
"La plus grand part du peuple commença alors à manger du pain d'avoine et de son, et encore par poids : ce qui se pratiquait jusqu'aux meilleures maisons de Paris, qui ne donnaient à leurs gens à chacun par jour que demie livre ou peu plus de ce pain.
La chair de cheval était aussi si chère, que les petits n'en pouvaient acheter : tellement qu'ils étaient contraints de chasser aux chiens et les manger, et des herbes crues, sans pain : qui était chose hideuse et pitoyable à voir.
Tout ce qui était à bon marché à Paris étaient les sermons, où on repaissait le pauvre monde affamé de vent, c'est-à-dire de baies et menteries :
lui donnant à entendre que c'était chose fort agréable à Dieu de mourir de faim, voire et qu'il valait mieux tuer ses propres enfants, n'ayant de quoi leur donner à manger, que de recevoir et reconnaître pour roi un hérétique."
Siège de Paris, juillet 1590.