
Exilé aux marges du monde romain, sur les bords rudes et sauvages de la mer Noire, il ne reste à Ovide que la poésie. Ses recueils qu'il envoie inlassablement à Rome sont le dernier lien entre lui et la cité dont on l'a banni, le dernier secours qu'il peut espérer, la dernière voix pour parler en son nom. En vain, il supplie Auguste puis Tibère de le rappeler. Par-delà les larmes, la colère, l'espoir et les déceptions, c'est le récit d'une expérience déchirante, celle d'un poète virtuose s'agrippant à une langue - la sienne - qu'il sent lui échapper chaque jour davantage. Sommet de lyrisme et d'éloquence, mêlant le génie facétieux au désespoir, ces textes sont parmi les plus touchants du dernier des élégiaques romains.