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Romain Gary, Emile Ajar : regards croisés, couverture

Romain Gary, Emile Ajar : regards croisés

de Amélie Vrla

Le résumé

Regards croisés

À propos de la polémique Ajar, Romain Gary soutient deux thèses différentes, selon qu'il écrit sous pseudonyme et nourrit la mascarade, ou selon qu'il revient en son nom propre sur l'affaire.

L'une ridiculise la théorie selon laquelle Ajar serait influencé par Gary ; l'autre avoue que les deux œuvres témoignent d'une même idéologie, d'un même paysage intérieur, et qu'une analyse de texte suffirait à le prouver

La première thèse, rédigée sous le nom d'Ajar dans le roman

Pseudo, bouleverse les idées, tourne en dérision cynique ce qui constitue l'angoisse la plus profonde de Gary - le fait que l'on prouve l'influence d'une œuvre sur l'autre et que l'on perce le secret de l'affaire Ajar.

Dans une mise en abyme qui met en scène Romain Gary lui-même, il donne à son personnage Ajar l'opportunité de se venger :

« D'ailleurs, [Romain Gary] avait déjà trouvé dans un des bouquins des traces de son influence littéraire. (…) Il avait utilisé les mots "python", "éléphant", et moi aussi. (…) J'emploie dans mes deux bouquins les mots "ouf ", "littérature", et lui aussi. Nous utilisons les mêmes lettres de l'alphabet. Je suis tombé sous influence, quoi. »

L'autre thèse est signée de Gary dans le testament littéraire qui permit de jeter enfin la lumière sur toute l'affaire Ajar : « J'étais un auteur classé, catalogué, acquis, ce qui dispensait les professionnels de se pencher vraiment sur mon œuvre et de la connaître.

Vous pensez bien, pour cela, il faudrait relire ! Et encore quoi ? Je le savais si bien que, pendant toute la durée de l'aventure Ajar (…)

je n'ai jamais redouté qu'une simple et facile analyse de texte vînt me tirer de mon anonymat. »

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