Sept mois au bagne : 1931. Le témoignage d'un garde-chiourme
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Sept mois au bagne : 1931. Le témoignage d'un garde-chiourme

de Henri-Marie-Pierre Berryer

Pour visiter le bagne et le voir de tout près, comme à la loupe, il faut s'y introduire sous l'uniforme d'un simple garde « chiourme » et encore, tout en étant au dernier échelon de la hiérarchie de la « Tentiaire », il y a une foule de choses qui vous échappent. Néanmoins, on peut observer et fouiller ce que l'administration pénitentiaire cache jalousement aux yeux profanes des écrivains du « bagne » qui y sont venus en amateurs. Les pages qui suivent décrivent très exactement ce qu'est le bagne sans prose superflue. C'est tout simplement la vie du surveillant et du condamné telle qu'elle est sous le climat débilitant de la Guyane française.

Fort de sa simple expérience de surveillant de troisième classe, Berryer rédige son témoignage à un moment où le bagne est l'objet d'une réprobation sociale portant la certitude partagée que la seule solution viable est sa suppression pure et simple. Cette dernière est d'ailleurs régulièrement annoncée comme acquise depuis l'enquête publiée en 1923 par Albert Londres dans Le Petit Parisien. En réalité, il fallut attendre encore quelques années pour que le bagne de Guyane soit supprimé.